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Le Trio Becel

Ils arrivent mercredi matin par le train, pour une résidence éclair de deux jours — et repartent après avoir fait sonner l'une des formations les plus rares de la musique de chambre : flûte, alto et harpe. Fidèle du festival depuis l'édition 2019, le Trio Becel donne un concert ce mercredi 5 août à 17h à la Collégiale Notre-Dame de Mirebeau et le jeudi 6 août à 20 heures 30 au Pressoir de Chiré-en-Montreuil. Léonore et ses partenaires ont répondu à nos questions — par messages vocaux, entre deux répétitions.

Qu'est-ce qui vous fait revenir au festival ?

D'abord la beauté et l'inspiration de ces lieux magnifiques, que le Festival fait vivre et où nous avons la chance de faire résonner nos programmes. Ensuite, les programmes eux-mêmes : toujours très intéressants, riches — c'est palpitant d'être là, au concert, à entendre des œuvres qu'on découvre ou qu'on redécouvre. Et enfin les rencontres : celles des collègues, musiciens français et belges réunis ici, avec qui nous avons la joie de partager des programmes — une rencontre à la fois artistique et humaine. Et celle du public, dont nous gardons des souvenirs très conviviaux et chaleureux.

Une œuvre que vous portez cette année et qui vous tient à cœur ?

Les Variations sur Harangvirág de G. Kurtág de Paula Defresne, écrites en 2001. C'est une œuvre basée sur les sons de cloches, qui marquent symboliquement les grands moments de la vie des hommes — la naissance, l'union, la mort. C'est très fort, et cela nous plaît beaucoup. Et puis elle représente aussi la naissance du son : elle symbolise les timbres si particuliers de notre formation, qui sonnent ensemble à travers les variations et s'approfondissent. C'est enfin une œuvre écrite originalement pour flûte, alto et harpe — une formation que peu de compositeurs arpentent. Elle nous a aussi valu une rencontre très chaleureuse avec Paula Defresne, une personnalité que nous avons beaucoup appréciée : elle cultive son verger, avec des valeurs proches des nôtres et une exigence de qualité que nous partageons.

C'est l'occasion de mentionner notre album Oasis, enregistré cette année : six œuvres de compositeurs belges, pour la plupart vivants, toutes écrites originalement pour flûte, alto et harpe.

Et de votre dernière venue au Poitou, en 2019, que retenez-vous ?

C'était l'édition Weinberg — et c'est Guy Danel, le coordinateur artistique du festival, qui nous a fait découvrir la musique extraordinaire de ce compositeur, autant par le trio qu'il nous proposait de jouer que par les œuvres entendues chez les autres ensembles. Nous retenons cette immersion. Nous avons aussi eu la chance de collaborer avec les musiciens du Quatuor Amon — une joie de jouer ensemble qui s'est prolongée jusqu'à Bruxelles, autour de l'Introduction et Allegro de Ravel. Et nous nous souvenons avec beaucoup de lumière — c'est le cas de le dire — de Tarek Lamrabti, le créateur lumière de cette édition, qui nous faisait vivre les lieux de façon assez inouïe. Et puis il y a ce souvenir plus personnel, glissé hors cadre par Léonore : la découverte d'une sonate, et le plaisir de jouer avec Nicolas Hourt — un souvenir évidemment très joyeux.

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